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Mois : août 2017

Compétence et qualification – troisième partie

Compétence et qualification – troisième partie

Or, donc, « Compétence » a définitivement remplacé « Qualification »…

Le taylorisme est bien une « une vision utilitaire et instrumentale du travail humain qui nie, dans l’absolu, la subjectivité ouvrière » (Doray 1981).

« L’état d’âme » des dits ouvriers, (aujourd’hui nous dirons salariés, afin d’éliminer les connotations classières) ne fut pas à l’ordre du jour pendant plusieurs décennies, seule importait leur productivité et les entrepreneurs et autres managers leurs offraient les outils nécessaires en la matière, cette fourniture de moyens exigeant en retour, des résultats quantifiables, exemple : « travailler plus pour gagner plus ».

Cela étant dit, nous assistons à une réhabilitation des émotions, le modèle de gestion rationnelle que propose l’organisation scientifique du travail laissant place à un autre modèle managérial basé sur la gestion de ce que nous appellerons « les émotions », cet aspect subjectif des méthodes de management faisant naître ce que les entrepreneurs appelèrent dans les années 90, « l’entreprise à visage humain ».

Cette nouvelle orientation nous enseigne un postulat : la capacité du salarié à bien gérer son rapport à lui-même et à autrui est indispensable pour apporter une réponse à l’évolution de l’organisation du travail, faisant la promotion « d’une nécessaire évolution des compétences ».

et réciproquement et développer des facultés relationnelles tient compte de ces deux mondes qui interagissent sur « l’état d’âme » du quidam évoluant dans l’entreprise, la gestion des émotions va donc devenir une problématique essentielle dans les stratégies et pratiques managériales. (Brunel 2004)

L’intégralité de l’article de Jean Escalant autour des compétences et des qualifications est disponible en ligne sur son site.

A propos de compétence – Deuxième partie

A propos de compétence – Deuxième partie

Sensation et aptitude

Fondamentalement cartésiens, les occidentaux ont depuis longtemps établi la notion de « compétence » et pérennisé une définition de celle-ci, en s’appuyant exclusivement sur la Raison, opposant définitivement l’approche humaniste de la problématique à celle pragmatique qu’exigent la performance et la productivité des hommes et des femmes composants une entreprise.

C’est la vieille opposition Raison-Emotion qui prive l’occident, depuis des décennies, de ce qui est humain en nous et dans ce contexte, nous avons du apprendre à maîtriser nos émotions, les apprivoiser, les dominer, voire, les soustraire au regard de nos interlocuteurs, quelque soit le domaine socioprofessionnel dans lequel nous évoluions.

Le choix de la terminologie que les détenteurs du savoir emploient pour communiquer le résultat de leurs recherches relèvent plus de l’essai littéraire que de la vulgarisation des connaissances, faisant des étudiants des adeptes du « joliment dit » plutôt que du « bien dit ».

Je vous renvoie à Platon qui soutenait que le mieux est l’ennemi du bien.

L’intégralité de l’article de Jean Escalant autour des compétences et des qualifications est disponible en ligne sur son site.

Distinguer le vrai d’avec le faux…La compétence première partie

Distinguer le vrai d’avec le faux…La compétence première partie

Distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses.

Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien.
René Descartes, Discours de la méthode – La Haye 1637
Quand on y rajoute l’expérience, cette déclaration devrait avoir pour titre aujourd’hui, « la compétence »

Or, nos jeunes étudiants amassent sur les bancs des universités, des informations et des « lois » sensées leurs permettre de s’insérer demain dans une entreprise et d’offrir à celle-ci, un sens critique, une vision synthétisée d’une problématique laissant apparaître la solution la mieux adaptée à celle-ci.
Il n’en est rien, hélas…

Un théorème ou une loi mathématique à elles seules, représentent tout le dogmatisme de l’enseignement supérieur sans cette valeur ajoutée que sont les possibilités d’applications immédiates et les changements positifs qu’elles pourraient apporter concrètement, sans ce fameux bon sens dont tout le monde parle, mais que peu connaissent.

Jean Escalant

GRH et stabilité sociale

GRH et stabilité sociale

Tous les acteurs sociaux sont d’accord, le Maroc nécessite une base sociale sereine et prônent à travers l’Observatoire National de l’Emploi un développement de futurs partenariats sur la base d’un pacte social : Le droit pour tous, nombre d’employeurs ne respectant toujours pas les règles élémentaires.

Le constat est d’une simplicité élémentaire, les commentaires aussi, le tout sur fond du souvenir encore présent du 20 février, la déclaration formelle de volonté de l’AGEF en est l’illustration: « préserver la paix sociale », déclaration de Madame Najat LAILAI.

Monsieur le Ministre de l’Emploi, Abdeslam SEDDIKI à travers son allocution ouvrant le Colloque International des Ressources Humaines dont le thème était : « Les relations sociales à l’ère des mutations socioculturelles » et en sous titres : « quel défi pour les managers ? », soulève la problématique, le retard en matière de relations sociales dans le paysage de l’entreprenariat marocain est évident.

Le manque de concertation, de dialogue et de consultation entre les dirigeants et leurs employés viennent souligner le malaise ressenti, les DRH sont souvent peu consultés par les acteurs sociaux à l’heure où se créent des tables rondes comprenant les syndicats et le patronat, ils se voient investis de missions socio-relationnelles lors de crises secouant la paix sociale, beaucoup moins une fois celles-ci réglées.

La gestion des conflits est plus que jamais à l’ordre du jour, pourtant, notre système éducatif apprend à nos jeunes un savoir faire, qu’en est il du savoir être ?

A quand des programmes traitant d’assertivité et de développement personnel ?

Jean Escalant

L’intelligence Emotionnelle

L’intelligence Emotionnelle

Les notions d’intelligence et de compétences émotionnelles sont à la mode, les cabinets de recrutements, les cabinets de formation et de consulting s’en sont emparés afin de servir à un public affamé de nouveautés, de « nouvelles » méthodes qui étaient le domaine exclusif des psychologues et des neuropsychiatres.

Cela fait plus de vingt ans que Damasio s’égosille à décrire ses observations quant aux cas cliniques qu’il a observé durant tant d’années de recherches quant à cet aspect de notre intelligence, l’émotion.

Pour ma part, j’ai intégré cet aspect incontournable dans mes formations sur l’assertivité et le développement personnel que je donne dans les entreprises depuis plus de 10 ans et notamment au Maroc.

Alors qu’en est-il réellement ?

Tout d’abord rappelons le contexte.

Les modèles et les pratiques managerielles consistent à faire glisser d’un état d’interdiction à un état de prescription, les émotions, dans le seul souci de développer ses performances, pour peu que l’on soit amené à gérer une équipe ou tout au moins y travailler.

Mais de quoi s’agit-il réellement ?

Nul ne l’ignore, seule l’émotion favorise la transcendance et donc la mémorisation de situations cognitives, c’est exactement pour cette raison que les enfants apprennent dans la joie, tant qu’ils ignorent les contraintes, l’aspect ludique nous l’avons compris, favorise l’apprentissage.

Ainsi les relations interpersonnelles dans le monde du travail sont influencées par tout ce que notre société exige de nous, motivation, assiduité, performance, etc. Une exigence de résultats face à laquelle nous sommes préparés par notre environnement social immédiat et notre volonté de « réussir ».

Quelles applications ?

Les principaux vecteurs de notre intelligence étaient principalement les facultés d’analyse et de synthèse, mesurées par le célèbre « QI » dont beaucoup redoutait le verdict.

Depuis quelques années, les milieux formationnels et manageriels, à la recherche de méthodes permettant le développement et le maintien « en mode tendu » des performances, se sont intéressés à cet aspect : les émotions régissent notre vie et interagissent avec notre intelligence vive.

Le Quotient Intellectuel n’est pas lisible sans son pendant, le Quotient émotionnel.

En effet, nos réactions à des phases de mise à l’épreuve, test, examens, interrogation, etc. sont influencées par cet aspect émotionnel.

La peur de ne pas réussir, généralement intensifiée au moment de l’épreuve vient polluer notre esprit pratique et alors que nous nous étions préparés méthodiquement à celle-ci, nous pouvons échouer si nous ne gérons pas correctement cette autre partie de notre intelligence, l’émotion.

L’intelligence émotionnelle, une amie qui nous veut du bien.

Elle est active au quotidien et dans toutes les phases de notre vie, elle nous permet de « sentir » les bonnes ou mauvaises situations, c’est elle qui développe l’intuition et met en place les signaux nous alertant lorsque nous rencontrons des situations « déjà vues », nous évitant ainsi les pièges identifiables.

Jean Escalant

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise en occident et particulièrement en France, consiste autant que faire se peut, à contrôler une situation et les émotions qu’elle crée, en orient par contre, contrôler c’est accepter ce qui est.

En effet, notre éducation, basée sur des principes judéo-chrétiens nous a enseigné à contrôler nos sentiments, à refouler nos sensations, toutes ces émotions qui nous gênent dans notre paysage narcissique nous conduisent à nous couper de ce que nous ressentons, or, c’est la pire manière de se couper de ce qui est vivant en nous.

Ainsi, en matière de formation continue en ce qui concerne le domaine des ressources humaines et notamment celui de la communication et du commercial, à tous les niveaux, l’ ensemble de la corporation des intervenants a délaissé les méthodes classiques concernant le développement personnel au profit de techniques plus « tendance » comme la PNL, le « process communication » ou « l’analyse transactionnelle » pour ne citer que celles-ci, dans le but d’optimiser (est ce le véritable objectif ?) les performances de leurs clients.

La « psychologie »est entrée au service de la formation et les dérives doctrinales sont nombreuses.

Le coaching devient le concurrent mondain de l’analyse psychologique et des techniques comme la maïeutique est employée sans tenir compte des dérèglements et tout au moins des problèmes qu’elle peut engendrer, sans garde fou…

La formation professionnelle est un domaine hautement technique et les outils à utiliser tout autant. La course folle à l’innovation permettant à un cabinet lambda de conquérir des parts de marché sur son secteur d’activité, peut être réputée sans limite, la gageure étant l’image, « le tendance » qu’il cherche à afficher lui valant tous les titres de noblesse.

En termes de communication, à l’heure où notre société se base sur essentiellement l’image et le plaisir, rien ne doit paraître difficile ou long, le bien pensant est de mise et comme pour le prêt-à-porter, nous vendons des produits miracle « prêts-à-former », le discours tenu étant pseudo psycho-scientifique, le commun ne s’aventure pas à mettre en doute la technique et le technicien.

Damasio a raison de poser la question : « Descartes avait-il tort ? »

Jean Escalant

Communiquer efficacement

Communiquer efficacement

Communiquer* voir Note 1

– Savez-vous écouter et observer activement ?

– Avant de répondre, ai-je bien saisi le sens de la question ou de la proposition qui m’a été produite ?

– Quel sont le vocabulaire et le rythme vocal employés par mon interlocuteur ?

– Quelle est le mode gestuel employé par celui ou celle qui s’adresse à moi ?

– Comment est-il (ou elle) habillé, quelle est la couleur dominante ?

– Est-il (ou elle) disposé à écouter ce que j’ai à lui transmettre ?

Ayez à l’esprit ces notions lorsque vous entrez en phase de communication, celle-ci, vous le savez, est verbale et non verbale.

Loin de moi l’idée de reprendre et de relater les principes élémentaires, il y a eu assez d’écrits à ce propos, pourtant, ces quelques principes sont indispensables à une communication correcte et pour compléter cette énumération non exhaustive, il convient de rajouter que le moteur fondamental est le réel intérêt que vous pourrez démontrer à celui ou celle avec qui vous voulez communiquer.

Ne cherchez pas à construire des phrases pour le plaisir de bien parler, le sens réel des mots pourrait vous échapper et il y a fort à parier que votre interlocuteur vous trouverait fort compliqué, au contraire, il vous faut être à l’aise autant dans votre élocution que dans le costume que vous porterez, restez vous-même et tout ira pour le mieux.

La société a fait de nous des écrivant, autrement dit nous ressentons le besoin d’écrire ce que nous voulons dire et nous écrivons mieux que nous parlons.

Il ne faut pas pour autant écrire ce que l’on veut communiquer, quelques notes suffiront à organiser votre discours, lui donner une certaine cohérence, le reste est affaire de présentation et de mise en scène. La façon dont vous vous exprimez, c’est-à-dire, les arguments choisis, votre présentation, votre posture et votre vocalité permettront à votre interlocuteur, dès les premiers instants, de se faire une opinion de vous qu’il n’abandonnera plus, orientant fondamentalement l’entretien dont vous espérez tant.

N’oubliez pas : « Le luxe est affaire d’argent, l’élégance est affaire d’éducation » (Oscar Wilde)

Jean Escalant

*Note 1 : communiquer c’est rendre commun une idée, un concept ou une notion à un groupe d’individus, c’est aussi transmettre ou faire part de la dite idée. (Définition Bescherelle)

L’éloquence de l’acteur

L’éloquence de l’acteur

Le talent n’attend pas le nombre des années.

Un problème récurrent se présente de plus en plus évident dans notre société de la vélocité et de l’image : c’est celui du jeune acteur qui après un début prometteur, se lance dans une carrière méritée. Fort de son talent, de ces capacités expressives, il met son talent au service de la société, de l’art et de la scène.

Au bout de quelques années ou de quelques mois seulement parfois, l’acteur sent l’inadéquation de sa voix, de son outil vocal et corporel avec ses besoins expressifs.

mai 2010 – Antigone au Théâtre National Palestinen – Jérusalem. Mise en scène Adel Hakim

Rester sur scène pendant des heures est souvent de mise, les rôles s’enchaînent les personnages s’enchaînent aussi dans leurs disparités multiples.

Les besoins de diversité expressive se font de plus en plus pressant.

L’acteur trop souvent se retrouve seul face à lui même et souvent à un moment où toutes ses forces doivent être mobilisées vers le difficile défis de maintenir une performance expressive et scénique devant un public de plus en plus exigent et des critiques de plus en plus pointilleux et si peu fidèles au talent.

Lina El Arabi, dans « Mon ange », coup de cœur du festival d’Avignon 2017

L’acteur est seul face à cela, toujours. Prenant tous les risques, c’est lui, seul qui prendra la décision de se tourner un moment vers lui-même, de faire une pause. Quelques instants suffisent très souvent. Instants cruciaux dans lesquels l’acteur se reconnaissant à lui même son propre talent se reconnait aussi dans ses limites.

Là commence le vrai chemin initiatique de l’acteur, là, acceptant la limite du talent il reçoit de lui même la grâce du « génie ». « Génie » qui non content d’être béni des Dieux transcende tel Leonardo da Vinci un art en une ingénierie complexe d’une efficacité parfaite, sublime.

Cela implique une part de travail technique que parfois le jeune Talent, par peur de changer, de perdre cette étincelle mystérieuse qu’il sait être en lui n’ose pas faire.

C’est pourtant une des seules « voies » et « voix » possible. Le métier d’acteur n’est pas pur talent, c’est une alchimie de prouesses expressives et d’heures de travail, de recherches et d’attentes, de mécanismes corporels et vocaux.

L’acteur doit être tout à la fois : sportif et artiste, tragédien et comédien, sans modestie aucune car le travail est titanesque et peu ont ce courage et cette témérité. L’acteur reste pourtant humble serviteur des arts.