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Catégorie : Communication et éloquence

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise

La notion de maîtrise en occident et particulièrement en France, consiste autant que faire se peut, à contrôler une situation et les émotions qu’elle crée, en orient par contre, contrôler c’est accepter ce qui est.

En effet, notre éducation, basée sur des principes judéo-chrétiens nous a enseigné à contrôler nos sentiments, à refouler nos sensations, toutes ces émotions qui nous gênent dans notre paysage narcissique nous conduisent à nous couper de ce que nous ressentons, or, c’est la pire manière de se couper de ce qui est vivant en nous.

Ainsi, en matière de formation continue en ce qui concerne le domaine des ressources humaines et notamment celui de la communication et du commercial, à tous les niveaux, l’ ensemble de la corporation des intervenants a délaissé les méthodes classiques concernant le développement personnel au profit de techniques plus « tendance » comme la PNL, le « process communication » ou « l’analyse transactionnelle » pour ne citer que celles-ci, dans le but d’optimiser (est ce le véritable objectif ?) les performances de leurs clients.

La « psychologie »est entrée au service de la formation et les dérives doctrinales sont nombreuses.

Le coaching devient le concurrent mondain de l’analyse psychologique et des techniques comme la maïeutique est employée sans tenir compte des dérèglements et tout au moins des problèmes qu’elle peut engendrer, sans garde fou…

La formation professionnelle est un domaine hautement technique et les outils à utiliser tout autant. La course folle à l’innovation permettant à un cabinet lambda de conquérir des parts de marché sur son secteur d’activité, peut être réputée sans limite, la gageure étant l’image, « le tendance » qu’il cherche à afficher lui valant tous les titres de noblesse.

En termes de communication, à l’heure où notre société se base sur essentiellement l’image et le plaisir, rien ne doit paraître difficile ou long, le bien pensant est de mise et comme pour le prêt-à-porter, nous vendons des produits miracle « prêts-à-former », le discours tenu étant pseudo psycho-scientifique, le commun ne s’aventure pas à mettre en doute la technique et le technicien.

Damasio a raison de poser la question : « Descartes avait-il tort ? »

Jean Escalant

Communiquer efficacement

Communiquer efficacement

Communiquer* voir Note 1

– Savez-vous écouter et observer activement ?

– Avant de répondre, ai-je bien saisi le sens de la question ou de la proposition qui m’a été produite ?

– Quel sont le vocabulaire et le rythme vocal employés par mon interlocuteur ?

– Quelle est le mode gestuel employé par celui ou celle qui s’adresse à moi ?

– Comment est-il (ou elle) habillé, quelle est la couleur dominante ?

– Est-il (ou elle) disposé à écouter ce que j’ai à lui transmettre ?

Ayez à l’esprit ces notions lorsque vous entrez en phase de communication, celle-ci, vous le savez, est verbale et non verbale.

Loin de moi l’idée de reprendre et de relater les principes élémentaires, il y a eu assez d’écrits à ce propos, pourtant, ces quelques principes sont indispensables à une communication correcte et pour compléter cette énumération non exhaustive, il convient de rajouter que le moteur fondamental est le réel intérêt que vous pourrez démontrer à celui ou celle avec qui vous voulez communiquer.

Ne cherchez pas à construire des phrases pour le plaisir de bien parler, le sens réel des mots pourrait vous échapper et il y a fort à parier que votre interlocuteur vous trouverait fort compliqué, au contraire, il vous faut être à l’aise autant dans votre élocution que dans le costume que vous porterez, restez vous-même et tout ira pour le mieux.

La société a fait de nous des écrivant, autrement dit nous ressentons le besoin d’écrire ce que nous voulons dire et nous écrivons mieux que nous parlons.

Il ne faut pas pour autant écrire ce que l’on veut communiquer, quelques notes suffiront à organiser votre discours, lui donner une certaine cohérence, le reste est affaire de présentation et de mise en scène. La façon dont vous vous exprimez, c’est-à-dire, les arguments choisis, votre présentation, votre posture et votre vocalité permettront à votre interlocuteur, dès les premiers instants, de se faire une opinion de vous qu’il n’abandonnera plus, orientant fondamentalement l’entretien dont vous espérez tant.

N’oubliez pas : « Le luxe est affaire d’argent, l’élégance est affaire d’éducation » (Oscar Wilde)

Jean Escalant

*Note 1 : communiquer c’est rendre commun une idée, un concept ou une notion à un groupe d’individus, c’est aussi transmettre ou faire part de la dite idée. (Définition Bescherelle)

L’éloquence de l’acteur

L’éloquence de l’acteur

Le talent n’attend pas le nombre des années.

Un problème récurrent se présente de plus en plus évident dans notre société de la vélocité et de l’image : c’est celui du jeune acteur qui après un début prometteur, se lance dans une carrière méritée. Fort de son talent, de ces capacités expressives, il met son talent au service de la société, de l’art et de la scène.

Au bout de quelques années ou de quelques mois seulement parfois, l’acteur sent l’inadéquation de sa voix, de son outil vocal et corporel avec ses besoins expressifs.

mai 2010 – Antigone au Théâtre National Palestinen – Jérusalem. Mise en scène Adel Hakim

Rester sur scène pendant des heures est souvent de mise, les rôles s’enchaînent les personnages s’enchaînent aussi dans leurs disparités multiples.

Les besoins de diversité expressive se font de plus en plus pressant.

L’acteur trop souvent se retrouve seul face à lui même et souvent à un moment où toutes ses forces doivent être mobilisées vers le difficile défis de maintenir une performance expressive et scénique devant un public de plus en plus exigent et des critiques de plus en plus pointilleux et si peu fidèles au talent.

Lina El Arabi, dans « Mon ange », coup de cœur du festival d’Avignon 2017

L’acteur est seul face à cela, toujours. Prenant tous les risques, c’est lui, seul qui prendra la décision de se tourner un moment vers lui-même, de faire une pause. Quelques instants suffisent très souvent. Instants cruciaux dans lesquels l’acteur se reconnaissant à lui même son propre talent se reconnait aussi dans ses limites.

Là commence le vrai chemin initiatique de l’acteur, là, acceptant la limite du talent il reçoit de lui même la grâce du « génie ». « Génie » qui non content d’être béni des Dieux transcende tel Leonardo da Vinci un art en une ingénierie complexe d’une efficacité parfaite, sublime.

Cela implique une part de travail technique que parfois le jeune Talent, par peur de changer, de perdre cette étincelle mystérieuse qu’il sait être en lui n’ose pas faire.

C’est pourtant une des seules « voies » et « voix » possible. Le métier d’acteur n’est pas pur talent, c’est une alchimie de prouesses expressives et d’heures de travail, de recherches et d’attentes, de mécanismes corporels et vocaux.

L’acteur doit être tout à la fois : sportif et artiste, tragédien et comédien, sans modestie aucune car le travail est titanesque et peu ont ce courage et cette témérité. L’acteur reste pourtant humble serviteur des arts.

Communication et éloquence – 2° partie

Communication et éloquence – 2° partie

Voici la seconde  partie de la série d’articles sur la communication et l’éloquence proposé à la lecture des internautes par Sabine Steffan, linguiste consultante pour Vocea international.

De plus en plus, la forme du message l’emporte sur le contenu

Le message verbal qui représente moins de 10 % d’un entretien est submergé d’information parasites qui trop souvent influencent le discours parlé.

Silences, gestes, postures, expressions faciales, ton de la voix, rythme de l’élocution, vêtements… complètent le message auditif.

La communication non verbale  exprime sous fond de « non dit » les émotions, les sentiments, les valeurs de la personne qui parle.

Est ce là vraie éloquence et vraie communication ?

Oui, sans aucun doute. Le coté positif est que l’humain offre  lorsqu’il parle un complément d’information sur tous ces sentiments, émotions etc qui ne sont pas ou ne peuvent pas être exprimés.

 

Le revers de la médaille, car il y en a toujours  un, c’est l’abus non attentif qui est fait de la vulgarisation de  cette nouvelle science.  C’en est fini des auditeurs attentifs qui « buvaient » les paroles des grands orateurs.

Le risque, c’est la manipulation que cela peut engendrer,  et un amateurisme délinquant qui prenant possession de cette science en font une mode, un formatage et détruisent le sens du bon, du vrai et de beau  pour aller vers une  perte de la valeur profonde de l’humain et de ses différences.

Communication et Eloquence – 1° partie

Communication et Eloquence – 1° partie

Voici une première partie de la série d’articles sur la communication et l’éloquence proposé à la lecture des internautes par Sabine Steffan, linguiste consultante pour Vocea international.

Communication non verbale

Il en va de la communication non verbale comme de toutes les sciences dites « nouvelles » elles  offrent outre les avantages de la nouveauté ceux d’une nouvelle vision de l’objet étudié, d’une nouvelle exploration surtout pour ce qui concerne les sciences humaines comme la communication non verbale : une exploration de nous-mêmes de l’humain que nous sommes. C’est une avancée formidable vers l’antique adage « connais toi toi même »!

Qu’est ce que la communication non verbale ?

C’est le langage du corps et de la gestuelle dans la communication

. Elle repose sur le langage corporel dans son ensemble : gestes, postures, expressions du corps, mais aussi du visage, ou manifestations physiologiques.

Si la communication non verbale ne se sert pas de la voix et de la parole pour dire quelque chose, elle accompagne souvent une communication orale, parfois à l’insu  de la personne qui parle, révélant souvent de précieux indices aux personnes qui sont en présence de « l’orateur corporel ».