Le grand opéra français – deuxième partie

Le grand opéra français – deuxième partie

Le premier opéra romantique

« La muette de Portici » de Daniel François Esprit Auber 1828

Mon premier article autour de l’opéra Français était pour le défendre.

Ce deuxième volet de la série sur l’opéra sera pour l’ illustrer avec le premier Grand Opéra » : « La Muette de Portici » de Auber. Comme  l’exprima  si bien un jour un jeune artiste brésilien venu en France pour suivre un  Master Class. lyrique… « Si il y a même une station de métro »…Il avait raison. Le fait que le grand public ne connaisse pas Esprit Auber n’enlève rien au fait qu’il fut célébré au 19° siècle pour son opéra « La Muette de Portici » qui eut un tel succès qu’il y eu 100 représentations dès la première année.

 

Si son succès musical est incontestable, c’est aussi au thème extrêmement fort de la patrie et de la liberté que l’on doit, dans cette époque troublée autour du Romantisme, le succès d’un tel évènement. C’est après avoir entendu la représentation de l’opéra que le peuple Belge en 1830 se souleva contre l’occupant, exalté par une musique et un livret fort « Amour sacré de la patrie, rends-nous l’audace et la fierté! A mon pays, je dois la vie, il me devra sa liberté… »

L’héroïne inspirée d’un personnage de Walter Scott est tenue par une danseuse mime car c’est un rôle muet, ce qui ne nuit en aucune façon à l’efficacité dramatique car c’est alors l’orchestre qui prends plus de place et devient le porte parole des émotions et des états d’âme de l’héroïne.

Le sensationnel est très présent, par la scénographie  tout d’abord avec éruption du Vésuve et mouvements de foule et révolution. L’usage des instruments à vent renforce la puissance de l’orchestre et le chœur offre sa puissance tout au long des 5 actes que dure l’œuvre.

Une révolution pour l’époque : le chœur prend beaucoup de place, l’héroïne est muette et la fin est tragique.

Cet opéra de part son impact est à rapprocher de la symphonie fantastique de Berlioz qui fit grand scandale et créa la révolution romantique que l’on sait et du « Cyrano » de Edmond Rostand.

L’ouverture donne le style musical général, elle reste très jouée et elle est vraiment digne de l’intérêt qu’on pourra lui accorder.

Vous parler ici de la musique serait à faire dans un autre  chapitre long et détaillé car lorsqu’on n’est pas enthousiasmé par une œuvre on doit la détailler pour exprimer les beautés qui s’y trouvent.

Il est possible sans doute d’en penser beaucoup de bien si on la voit représenté car là est tout l’effet du Grand Opéra, il faut le voir pour y croire…la musique a elle seule ne suffit pas car c’est une œuvre complète.

Pour les amateurs, la partition étant  dans ma bibliothèque, je m’y suis plongée : Auber qui a été prolifique musicalement dans sa carrière l’a été aussi dans sa musique, on comprend pourquoi Wagner a été subjugué : thèmes courts qui s’enchainent, se bousculent et servent le sensationnel de l’œuvre; une orchestration avec beaucoup de cuivres et de bois, relativement peu  de cordes. De belles interventions chorales. Un duo magnifique « Amour sacré de la patrie ». Je vous suggère la version avec  Alfredo Krauss qui de toute façon rendait beau tout ce qu’il chantait !!!

 

 

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