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Mois : septembre 2017

Le grand opéra français – deuxième partie

Le grand opéra français – deuxième partie

Le premier opéra romantique

« La muette de Portici » de Daniel François Esprit Auber 1828

Mon premier article autour de l’opéra Français était pour le défendre.

Ce deuxième volet de la série sur l’opéra sera pour l’ illustrer avec le premier Grand Opéra » : « La Muette de Portici » de Auber. Comme  l’exprima  si bien un jour un jeune artiste brésilien venu en France pour suivre un  Master Class. lyrique… « Si il y a même une station de métro »…Il avait raison. Le fait que le grand public ne connaisse pas Esprit Auber n’enlève rien au fait qu’il fut célébré au 19° siècle pour son opéra « La Muette de Portici » qui eut un tel succès qu’il y eu 100 représentations dès la première année.

 

Si son succès musical est incontestable, c’est aussi au thème extrêmement fort de la patrie et de la liberté que l’on doit, dans cette époque troublée autour du Romantisme, le succès d’un tel évènement. C’est après avoir entendu la représentation de l’opéra que le peuple Belge en 1830 se souleva contre l’occupant, exalté par une musique et un livret fort « Amour sacré de la patrie, rends-nous l’audace et la fierté! A mon pays, je dois la vie, il me devra sa liberté… »

L’héroïne inspirée d’un personnage de Walter Scott est tenue par une danseuse mime car c’est un rôle muet, ce qui ne nuit en aucune façon à l’efficacité dramatique car c’est alors l’orchestre qui prends plus de place et devient le porte parole des émotions et des états d’âme de l’héroïne.

Le sensationnel est très présent, par la scénographie  tout d’abord avec éruption du Vésuve et mouvements de foule et révolution. L’usage des instruments à vent renforce la puissance de l’orchestre et le chœur offre sa puissance tout au long des 5 actes que dure l’œuvre.

Une révolution pour l’époque : le chœur prend beaucoup de place, l’héroïne est muette et la fin est tragique.

Cet opéra de part son impact est à rapprocher de la symphonie fantastique de Berlioz qui fit grand scandale et créa la révolution romantique que l’on sait et du « Cyrano » de Edmond Rostand.

L’ouverture donne le style musical général, elle reste très jouée et elle est vraiment digne de l’intérêt qu’on pourra lui accorder.

Vous parler ici de la musique serait à faire dans un autre  chapitre long et détaillé car lorsqu’on n’est pas enthousiasmé par une œuvre on doit la détailler pour exprimer les beautés qui s’y trouvent.

Il est possible sans doute d’en penser beaucoup de bien si on la voit représenté car là est tout l’effet du Grand Opéra, il faut le voir pour y croire…la musique a elle seule ne suffit pas car c’est une œuvre complète.

Pour les amateurs, la partition étant  dans ma bibliothèque, je m’y suis plongée : Auber qui a été prolifique musicalement dans sa carrière l’a été aussi dans sa musique, on comprend pourquoi Wagner a été subjugué : thèmes courts qui s’enchainent, se bousculent et servent le sensationnel de l’œuvre; une orchestration avec beaucoup de cuivres et de bois, relativement peu  de cordes. De belles interventions chorales. Un duo magnifique « Amour sacré de la patrie ». Je vous suggère la version avec  Alfredo Krauss qui de toute façon rendait beau tout ce qu’il chantait !!!

 

 

Le Grand Opéra Français – première partie

Le Grand Opéra Français – première partie

Je suis Italienne,  sans conteste mon cœur  de musicienne et d’artiste appartient à l’Italie, à sa musique, à son Art et à son Bel Canto !

D’aucuns diront que c’est parce que j’ai été formée à la plus belle école qui soit : celle du bel canto justement, et que le Bel Canto on le sait ne va pas avec le grand opéra Français.

D’autres diront que c’est parce que j’aime Verdi et c’est tout, d’autres encore que c’est parce que je n’ai pas « l’esprit » Français … je mets le mot « esprit » en italique, il me semble que cela rend mieux le coté « glamoureux » de l’esprit Français, et là aussi les guillemets s’imposent.

Et bien, pour une fois, je vais aller à l’encontre de tous, et même des Français pour défendre le « Grand Opéra Français »  si mal défendu par les Français eux même qui mettant des « grandeurs » partout n’osent pas cette fois ci afficher franchement leur conditionnel Amour pour cette grandeur là.

Donc, après avoir parlé de Bizet dévoré par sa Carmen , de Gounod et de son Ave Maria Bachien de  Massenet que j’aime avec élégance et parcimonie comme il se doit, je vais à ce point là et avant de parler des autres musiciens Français parler  du Grand Opéra !

Le Grand Opéra c’est Ben Hur  de William Wyler (1959) contre « 12  hommes en colère » de Sydney Lumet (1957), l’éclatement du Romantisme, mais pas que cela a donné naissance à un grand spectacle d’opéra, émouvant et éloquent.

Ce n’est pas seulement les décors et la scénographie qui sont grandioses, c’est aussi le développement d’un certain type de vocalité ample et héroïque. Fini les petites roucoulades entre amoureux, le Grand Opéra apporte au public tous les dépassements possible, y compris du héros lui même.

L’orchestre se déploie  et amplifie lui aussi le drame et l’action.

Tout contribue à l’ampleur de l’œuvre, même le livret lui même qui est la plupart du temps autour d’un évènement historique .

On le sait, le ballet a été introduit sous Louis XIV qui amateur passionné de danse et de Ballet a imposé à l’opéra les ballets. Il fait donc lui aussi partie de la structure du Grand Opéra qui, débutant en France a vite gagné toute l’Europe, devenant à part entière une des formes les plus fortes de la Musique du 19° siècle.

De ses origines et des compositeurs qui y excellèrent, autant Français qu’étrangers nous parlerons dans les futurs volets de ces articles sur Le Grand Opéra si peu mis à l’honneur en France de nos jours.

 

Grands compositeurs Français : Georges Bizet

Grands compositeurs Français : Georges Bizet

Un destin tragique

Peu de personnes le savent, mais Bizet, compositeur du très célèbre Carmen, un des opéra les plus célèbres et les plus représenté  au monde n’a pas connu la gloire au cours de sa brève carrière : mort à 36 ans, malheureux en ménage,non reconnu par le public alors que Rossini avait triomphé si facilement !

Ce compositeur qui créa une véritable révolution musicale en Allemagne, qui inspira avec sa « Carmen » Brahms qui assista à plus de 20 représentations. Wagner et même Nietzsche  et l’immense  compositeur Russe  Tchaïkovski qui avait prédis que Carmen resterait un des opéra les plus joués au monde.

Un musicien surdoué mais incompris

Pourtant Bizet enfant surdoué, est aussi un pianiste exceptionnel qui a connu un début en tant que compositeur très remarque, a toute sa vie couru après les commandes des éditeurs, incompris malmené par la critique qui ne comprends pas le style de sa musique aux harmonies complexes et surtout en ce qui concerne Carmen, une pudibonderie du public de l’époque pour l’héroïne, femme libre et jugée sulfureuse.

Dans sa correspondance Bizet  relate combien sa vie est difficile et misérable, obligé de courir après les travaux de transcription pour les éditeurs et  les commandes d’œuvres qui doivent respecter les desiderata des éditeurs qui imposent à cette époque déjà leur vision pour satisfaire un public « à la mode ».

Une gloire française

Maintenant, plus de 100 ans après sa mort, Bizet est reconnu comme un des grands compositeurs Français, mais on sent autour de lui encore ces polémique au sujet de sa Carmen. Je me demande si le personnage de Carmen devenu le symbole de la femme libre, la culpabilité que l’on ressent à l’aimer autant  n’a pas occulté dans l’esprit du grand public la musique et le fabuleux talent , le génie musical vrai de Bizet.

Je conseille aux personnes qui n’ont entendu que Carmen de prendre un moment pour écouter « Les pécheurs de perle », la Symphonie en Ut majeur, et pour les enfants la suite d’orchestre « l’Arlésienne ».

Le style imposant par ses phrases musicales parfois longues et soutenues par une orchestration complexe harmoniquement reste empreint de légèreté et d’une  grande souplesse. Il a un sens de la description musicale des émotions qui est digne des grands opéras italiens.

 

 

Grands compositeurs Français : Jules Massenet

Grands compositeurs Français : Jules Massenet

Jules Massenet est un compositeur français de la deuxième moitié du XIX ème siècle.

Il est né le 12 mai 1842 à Montaud,  alors un village,  qui fait maintenant parti de la ville de Saint-Étienne en tant que quartier, est le plus jeune enfant d’Alexis Massenet, industriel, et d’Adélaïde née Royer de Marancour, pianiste et peintre.

C’est d’elle que le jeune garçon prend ses premières leçons de piano, dès l’âge de 6 ans lorsque la famille déménage à Paris.

Très doué, il devient même l’élève de Franz Liszt, il gagne le prix de Rome et le concours de la villa Médicis à Rome que l’on ne gagne que par mérite et qui reste en France une des marques les plus hautes du talent musical.

Il a laissé une œuvre surtout lyrique avec de merveilleux opéra dont  : « Manon » et le Cid et « Werther » avec la célèbre « méditation de Thais » pour Violon solo.

Il a eu une grande influence sur des compositeurs comme Puccini et même Debussy.

Son style sans aucune redondance, aux phrases musicales simples et épurées  résume  une idées renouvelée de la pensée musicale dite « française »: phrases aux mélodies amples, généreuses, très harmonieuses et construite sur une base harmonique très riche et complexe parfois, comme dans son Werther,  œuvre dans laquelle on   sent l’influence de Warner.

Il aussi  composée de sublimes Mélodies, et de la musique vocale de chambre, comme son « Élégie » pour violoncelle et soprano.

Il illustre parfaitement ce que l’on appelle « le grand opéra français «  qui traite de sujets non intimistes comme c’est le cas pour le vérisme italien, « le Cid » illustre très bien cela.

Je ne peux m’empêcher de mentionner ici son opéra « Cendrillon » qui obtient un immense succès et qui pourtant est presque tombé dans l’oubli.

Jules Massenet, professeur au Conservatoire de Paris lorsque celui qui fut un de ses plus grand  Maitre Ambroise Thomas en était le directeur, refusa de prendre sa succession. Très  grand pédagogue il  amena nombre de ses élèves jusqu’aux plus hautes distinctions musicales, pour n’en citer qu’un : Maurice Ravel.

Homme pudique et peu enclin à se révéler dans des correspondances ou de grands discours ce fut avant un artiste qui ne dut sa célébrité qu’à son talent et ses dons musicaux impressionnants.