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Catégorie : Les articles de A. Axaire

Giulio Cesare de G.F. Haendel

Giulio Cesare de G.F. Haendel

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Les différentes versions modernes de « Giulio Cesare in Egitto » ont été l’objet de différents remaniements de l’œuvre originale de Georges Friedrich Haendel. En effet, après la dernière représentation avant le 20ème siècle qui fut donnée à Hambourg, en 1737, elle réapparaît en 1922, à Göttingen en Allemagne et à partir de cette date, la malheureuse habitude de tronquer la partition, traduire le livret, couper les « da capo », donner la plupart des rôles masculins à des barytons pour satisfaire des effets de modes et enfin donner la jour brièvement (heureusement) à une traduction en français.
Tous les rôles de cet opéra furent créés exclusivement pour des sopranos, des contre alto et des castrats, aujourd’hui encore, certains rôles continuent d’être distribués à des basses et des barytons, au grand dam des puristes et amoureux de l’œuvre. Peu de purisme donc pour l’œuvre de Haendel et pourtant, certains airs comme V’adoro, Pupille, Se pieta, Piangero ou encore le poignant duo de Cornelia et Sesto, sont devenus des pièces de concert dont le succès ne faiblit pas, entrant de plein pied dans le panthéon du baroque italien. Peu d’œuvres ont subi autant de marques d’irrespect, une petite voix en moi me dit que c’est l’apanage des chefs d’œuvre et des compositions de haute volée, tant de difficultés techniques dans cette œuvre, qu’il était plus facile de l’adapter, « pour être plus contemporaine » disent-ils, quant à moi je dirais « pour être plus techniquement abordable » et à tant pis pour les non-amoureux de Haendel. Giulio Cesare in Egitto est un opéra d’une force dramatique incontestable, elle est le fruit du pouvoir créateur d’un compositeur qui sut y transcrire toutes les exigences de l’opera seria et pourtant Haendel reste absent des listes « officielles » des compositeurs de ce style qui se veut dramatique, par opposition à l’opera buffa qui est, rappelons le, l’héritier de la comedia dell’arte.