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Le
Mythe de Dionysos
Le " Tragos "
Le dithyrambe
Le rituel
La division du Choeur des satyres
Le poète Thespis
Le rituel et la tragédie
L'agôn et la vraie naissance de la tragédie
Le
Mythe de Dionysos
Nous aurions pu dire " Au commencement était la tragédie
", et ainsi remonter de la tragédie jusqu'à Monteverdi
et le premier Opéra, Rossini et l'Opéra Italien, Wagner,
Debussy. Pourtant, comme il n'y eu pas seulement Monteverdi, que
sans Mozart probablement Rossini n'aurait pas composé comme
il a composé, sans Wagner Verdi aurait été
autre et sans Verdi, Debussy. Nous ne pouvons nous contenter de
dire " au commencement était la tragédie ".
Mais comme en
Grèce plus que partout ailleurs tout commence par les Dieux,
nous pouvons dire " Au commencement étaient les Dieux
".
Car c'est bien
cette réalité, ou plutôt ce mythe , qui nous
a offert la tragédie.
Ce mythe, ou
les hommes qui le créèrent, dans les temps immémoriaux
de l'antique Grèce.
Le
" Tragos "
Des hommes, pour retrouver ces Dieux inventèrent le "
Tragos ", ce " chant de la chèvre " . Les
idées et les opinions diffèrent quant à l'origine
réelle de ce chant.
Tragos est en
effet pour certains le nom de l'animal, donné au premier
tragédiographe gagnant dans les concours dramatiques, sans
doute le nom de la première tragédie.
Mais si nous
remontons plus loin encore, nous nous rendons compte que "
Tragos ", vient du mot " Tragoi " qui était
en fait le nom des fidèles du Dieu Dionysos. Ces fidèles
adorateurs, au cours des danses rituelles, des sacrifices et des
chants sacrés portaient en effet des masques de chèvres.
Le " tragos
" pour certains est aussi ce chant rituel qui accompagne le
sacrifice d'une chèvre, animal particulièrement cher
à Dionysos.
Le
dithyrambe, ce chant choral improvisé par les
fidèles de ce Dieu déguisés en satyres dansant
en cercle autour de l'Ara (l'autel), a été ensuite
poétisé, puis organisé autour d'un chef, d'un
guide qui fut en fait le premier " chef de choeur " ou
coryphée.
Le culte de
Dionysos fut très fort dans l'antique Grèce, et il
se développa dans des régions différentes de
la Grèce antique, de l'orient à la " Magna Grecia
", ce qui explique l'impact qui permit à ce rituel de
se développer.
Le
rituel
Le culte se faisait sous forme de cortège composé
de satyres et de ménades, l'apparence mixte des satyres,
moitié hommes, moitié animaux donnant l'idée
de la fusion entre nature et humanité. Les ménades,
ou bacchantes, incarnent la frénétique volupté
de l'amour.
Ces rituels,
avaient lieux dans un premier temps dans les campagnes, et assumant
de plus en plus d¹importance et de place, il se déplace
vers les villages et les villes. Les petites "fêtes Dionysiaques
" et les " Lénées "se déroulaient
dans les campagnes tandis que les " grandes Dionysiaques "
se déroulaient dans les villes, toujours aux moments importants,
autour de la vigne, du vin et des vendanges.
Peut-être
est-il bon à ce propos de mentionner l'importance pour l'opéra
futur des trois éléments constants que nous retrouvons
dans ce qui n'est pas encore la tragédie, mais qui est déjà
une forme " théâtraliste " du rituel.
Ces trois
éléments sont
La musique : les chants et les musiques processionnelles
La danse : les danses rituelles des satyres et des ménades
Le vin : les rites se déroulaient au moment des vendanges.
Les fêtes
avaient en soit déjà une fonctionnalité théâtrale,
offrant aux participants l¹impression d¹une mise en scène.
Les couleurs et les ombres des torches
Les déguisements
Le vin : le transfiguration extatique.
Nous sommes
à ce moment là environ au VI° siècle avant
Jésus Christ.
Une
étape importante dans ce processus de " naissance "
de la tragédie, vient ensuite avec la division du Choeur
des satyres et des ménades en demi choeur, chacun
répondant à l¹autre. Chaque choeur étant
guidé par un coryphée, il s'instaure un dialogue.
Aux chants des deux choeurs célébrants les gestes
du Dieu, un personnage émergeant répond en tant que
Dionysos en personne, c'est " l' hypocrites ", le premier
acteur.
Ainsi, d'un
chant rituel, d'un récit épique des gestes du Dieu,
est né le théâtre. C'est la puissance du chant,
qui fait apparaître le Dieu.
Petit à petit cependant, Dionysos n'est plus le seul Dieu
en scène, on invoque des héros, et les fidèles
du Dieu, petit à petit ne trouveront plus rien qui se rapporte
au Dieu. " Oudèn pros Dionyson " : Plus rien de
Dionysos.
Selon la tradition, c'est le poète Thespis
qui fut l'auteur de la première représentation théâtrale.
Toujours selon la tradition, c¹est en 534 A.C. pour les grandes
Dionysiaques organisées par Pisistrate.
On raconte que
le l¹homme d'état athénien Solon, un des sept
sages de la Grèce, assistant scandalisé au spectacle
demanda à l'auteur, qui était aussi l'acteur, s'il
n'était pas honteux de mentir ainsi en se faisant passer
pour quelqu¹un d¹autre. On raconte aussi que le poète
aurait alors quitté Athènes pour faire une "
tournée " dans les bourgs et les villages de la Grèce
avec une scène mobile montée sur des roues , c¹est
le fameux " char de Thespis ".
Il ne reste bien évidemment rien de son oeuvre, si ce n¹est
quelques titres de drames pour divertissement, recueillis au IV
siècles sous le nom des " drames de Thespis ".
Si on attribue
au légendaire Thespis, la " création " de
la première tragédie, et l'introduction du premier
acteur, il serait dommage de laisser dans l'ombre le rôle
de Phrynichos le tragique, cet élève de Thespis qui
introduisit les rôles féminins et l'adoption du masque
qui, nous le verrons plus tard avait un rôle prépondérant
dans le déroulement de la tragédie. Ajoutons que si
peu de fragments de tragédies de ce poète nous sont
parvenues, les antiques saluaient en lui le plus grand poète
tragique avant Eschyle.
Le
rituel et la tragédie
Mais quel est le lien profond et réel entre la tragédie
et les Dionysies d'Athènes , entre le rituel Dionysiaque
et la vraie tragédie telle que nous pouvons la voir ou l'imaginer
?
Ce lien, est
un simple " chaînon ", Aristote nous donne quelques
informations sur ce chainon qu'est la
naissance de la tragédie, qui correspond aussi à la
naissance de l¹édifice architectural du théâtre.
Ainsi on peut penser qu¹autour du choeur il y avait beaucoup
de public, et que dès la troisième file on n'y voyait
rien. L'ingéniosité Grecque ayant deux solutions :
soulever les acteurs, mais on ne verrait bientôt plus les
choeurs disposés autour, ou soulever le public, c'est ce
second système qu'ils adoptèrent.
Tout était-il
donc enfin là pour que puisse " s¹installer "
la tragédie dans la civilisation Grecque ?
Presque
tout. Pour que vive et se renforce cette gigantesque tradition,
il fallait un moteur des plus puissants, une force qui fasse que
ces tragédies se perpétuent, que naisse la tradition,
qu'elles soient connues, reconnues et " inoubliées ",
avant de devenir inoubliables.
Ce moteur puissant,
digne de la force de la Grèce antique, ce fut "l' Agôn
", ce " jeu " si cher à l¹âme Grecque.
" L' agôn
" : ce perpétuel combat pour la victoire. Le concours
de tragédie a été un fait déterminant
dans le dynamisme technique et artistique du genre.
Fiche précédente
© Sabine Steffan 2001 - Reproduction interdite sans l'accord
écrit de Sabine Steffan
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