Sabine Steffan, artiste lyrique est un des portes paroles de l'école Italienne du Bel Canto en France.
               

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Dernière mise à jour le 12 septembre 2010
 
       

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Fiche N° 1 Art Opéra

La naissance de la tragédie :

" Du mythe de Dionysos à la tragédie antique "

Le Mythe de Dionysos
Le " Tragos "
Le dithyrambe
Le rituel
La division du Choeur des satyres
Le poète Thespis
Le rituel et la tragédie
L'agôn et la vraie naissance de la tragédie

Le Mythe de Dionysos
Nous aurions pu dire " Au commencement était la tragédie ", et ainsi remonter de la tragédie jusqu'à Monteverdi et le premier Opéra, Rossini et l'Opéra Italien, Wagner, Debussy. Pourtant, comme il n'y eu pas seulement Monteverdi, que sans Mozart probablement Rossini n'aurait pas composé comme il a composé, sans Wagner Verdi aurait été autre et sans Verdi, Debussy. Nous ne pouvons nous contenter de dire " au commencement était la tragédie ".

Mais comme en Grèce plus que partout ailleurs tout commence par les Dieux, nous pouvons dire " Au commencement étaient les Dieux ".

Car c'est bien cette réalité, ou plutôt ce mythe , qui nous a offert la tragédie.

Ce mythe, ou les hommes qui le créèrent, dans les temps immémoriaux de l'antique Grèce.

Le " Tragos "
Des hommes, pour retrouver ces Dieux inventèrent le " Tragos ", ce " chant de la chèvre " . Les idées et les opinions diffèrent quant à l'origine réelle de ce chant.

Tragos est en effet pour certains le nom de l'animal, donné au premier tragédiographe gagnant dans les concours dramatiques, sans doute le nom de la première tragédie.

Mais si nous remontons plus loin encore, nous nous rendons compte que " Tragos ", vient du mot " Tragoi " qui était en fait le nom des fidèles du Dieu Dionysos. Ces fidèles adorateurs, au cours des danses rituelles, des sacrifices et des chants sacrés portaient en effet des masques de chèvres.

Le " tragos " pour certains est aussi ce chant rituel qui accompagne le sacrifice d'une chèvre, animal particulièrement cher à Dionysos.

Le dithyrambe, ce chant choral improvisé par les fidèles de ce Dieu déguisés en satyres dansant en cercle autour de l'Ara (l'autel), a été ensuite poétisé, puis organisé autour d'un chef, d'un guide qui fut en fait le premier " chef de choeur " ou coryphée.

Le culte de Dionysos fut très fort dans l'antique Grèce, et il se développa dans des régions différentes de la Grèce antique, de l'orient à la " Magna Grecia ", ce qui explique l'impact qui permit à ce rituel de se développer.

Le rituel
Le culte se faisait sous forme de cortège composé de satyres et de ménades, l'apparence mixte des satyres, moitié hommes, moitié animaux donnant l'idée de la fusion entre nature et humanité. Les ménades, ou bacchantes, incarnent la frénétique volupté de l'amour.

Ces rituels, avaient lieux dans un premier temps dans les campagnes, et assumant de plus en plus d¹importance et de place, il se déplace vers les villages et les villes. Les petites "fêtes Dionysiaques " et les " Lénées "se déroulaient dans les campagnes tandis que les " grandes Dionysiaques " se déroulaient dans les villes, toujours aux moments importants, autour de la vigne, du vin et des vendanges.

Peut-être est-il bon à ce propos de mentionner l'importance pour l'opéra futur des trois éléments constants que nous retrouvons dans ce qui n'est pas encore la tragédie, mais qui est déjà une forme " théâtraliste " du rituel.

Ces trois éléments sont
La musique : les chants et les musiques processionnelles
La danse : les danses rituelles des satyres et des ménades
Le vin : les rites se déroulaient au moment des vendanges.

Les fêtes avaient en soit déjà une fonctionnalité théâtrale, offrant aux participants l¹impression d¹une mise en scène.
Les couleurs et les ombres des torches
Les déguisements
Le vin : le transfiguration extatique.

Nous sommes à ce moment là environ au VI° siècle avant Jésus Christ.

Une étape importante dans ce processus de " naissance " de la tragédie, vient ensuite avec la division du Choeur des satyres et des ménades en demi choeur, chacun répondant à l¹autre. Chaque choeur étant guidé par un coryphée, il s'instaure un dialogue. Aux chants des deux choeurs célébrants les gestes du Dieu, un personnage émergeant répond en tant que Dionysos en personne, c'est " l' hypocrites ", le premier acteur.

Ainsi, d'un chant rituel, d'un récit épique des gestes du Dieu, est né le théâtre. C'est la puissance du chant, qui fait apparaître le Dieu.


Petit à petit cependant, Dionysos n'est plus le seul Dieu en scène, on invoque des héros, et les fidèles du Dieu, petit à petit ne trouveront plus rien qui se rapporte au Dieu. " Oudèn pros Dionyson " : Plus rien de Dionysos.

Selon la tradition, c'est le poète Thespis qui fut l'auteur de la première représentation théâtrale.
Toujours selon la tradition, c¹est en 534 A.C. pour les grandes Dionysiaques organisées par Pisistrate.

On raconte que le l¹homme d'état athénien Solon, un des sept sages de la Grèce, assistant scandalisé au spectacle demanda à l'auteur, qui était aussi l'acteur, s'il n'était pas honteux de mentir ainsi en se faisant passer pour quelqu¹un d¹autre. On raconte aussi que le poète aurait alors quitté Athènes pour faire une " tournée " dans les bourgs et les villages de la Grèce avec une scène mobile montée sur des roues , c¹est le fameux " char de Thespis ".
Il ne reste bien évidemment rien de son oeuvre, si ce n¹est quelques titres de drames pour divertissement, recueillis au IV siècles sous le nom des " drames de Thespis ".

Si on attribue au légendaire Thespis, la " création " de la première tragédie, et l'introduction du premier acteur, il serait dommage de laisser dans l'ombre le rôle de Phrynichos le tragique, cet élève de Thespis qui introduisit les rôles féminins et l'adoption du masque qui, nous le verrons plus tard avait un rôle prépondérant dans le déroulement de la tragédie. Ajoutons que si peu de fragments de tragédies de ce poète nous sont parvenues, les antiques saluaient en lui le plus grand poète tragique avant Eschyle.

Le rituel et la tragédie
Mais quel est le lien profond et réel entre la tragédie et les Dionysies d'Athènes , entre le rituel Dionysiaque et la vraie tragédie telle que nous pouvons la voir ou l'imaginer ?

Ce lien, est un simple " chaînon ", Aristote nous donne quelques informations sur ce chainon qu'est la naissance de la tragédie, qui correspond aussi à la naissance de l¹édifice architectural du théâtre.
Ainsi on peut penser qu¹autour du choeur il y avait beaucoup de public, et que dès la troisième file on n'y voyait rien. L'ingéniosité Grecque ayant deux solutions : soulever les acteurs, mais on ne verrait bientôt plus les choeurs disposés autour, ou soulever le public, c'est ce second système qu'ils adoptèrent.

Tout était-il donc enfin là pour que puisse " s¹installer " la tragédie dans la civilisation Grecque ?

Presque tout. Pour que vive et se renforce cette gigantesque tradition, il fallait un moteur des plus puissants, une force qui fasse que ces tragédies se perpétuent, que naisse la tradition, qu'elles soient connues, reconnues et " inoubliées ", avant de devenir inoubliables.

Ce moteur puissant, digne de la force de la Grèce antique, ce fut "l' Agôn ", ce " jeu " si cher à l¹âme Grecque.

" L' agôn " : ce perpétuel combat pour la victoire. Le concours de tragédie a été un fait déterminant dans le dynamisme technique et artistique du genre.


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